
Bruxelles 09/10/2025 12:09 (BELGA)
Médecins du Monde publie jeudi une étude de terrain qui dénonce les entraves mises en œuvre par le gouvernement israélien à l’accès des femmes et des filles aux soins de santé sexuelle et reproductive à Gaza.
« Ces attaques portent atteinte à leur intégrité physique et mentale, à leur dignité, à leur intimité et à l’avenir de tout un peuple », détaille l’ONG dans un communiqué de presse.
Entre mai 2024 et août 2025, Médecins du Monde a documenté des attaques continues envers les centres de santé, une pénurie dramatique de personnel et de matériels essentiels à Gaza.
Dans ce contexte, l’accès aux soins prénataux, aux services obstétricaux d’urgence, à la planification familiale et à la protection contre les violences sexuelles et sexistes est gravement entravé.
Ainsi, sur 22.747 consultations en santé sexuelle et reproductive réalisées dans les centres de santé de Médecins du Monde à Gaza, 36% concernaient des infections génitales liées au manque d’eau et d’hygiène et au coût élevé des protections menstruelles.
Parmi les femmes déplacées au moins une fois depuis le début de la guerre, 84% d’entre elles ont souffert d’une infection. Au total, 85% des femmes enceintes risquent de subir des complications au cours de leur grossesse.
Le nombre de fausses couches a augmenté de 300% (selon le ministère palestinien de la santé). Cette augmentation est notamment et directement liée à l’absence de suivi durant la grossesse et au manque d’accès à l’avortement.
« Les femmes enceintes le sont toujours en temps de guerre. Certaines d’entre elles perdent leur bébé suite aux traumatismes vécus face aux massacres.
D’autres accouchent dans des abris surpeuplés, sans péridurale ni médicaments, parfois contraintes de couper elles-mêmes le cordon ombilical, sous les tirs », témoigne Israa Saleh, médecin à Gaza pour Médecins du Monde.
